Divertissement de feu
Feydeau n’est pas un inconnu au Théâtre du Jorat. Francis Perrin y est venu en 2003 avec Le dindon et Marcel Maréchal en 2004 avec La puce à l’oreille. C’est au tour d’une brillante équipe d’artistes romands, mené par le jeune metteur en scène neuchâtelois Robert Sandoz, de faire virevolter les personnages et les situations désopilantes d’un auteur français rompu à la redoutable mécanique du vaudeville. On a pu voir des pièces de Feydeau d’une noirceur étonnante et mâtinée d’un humour féroce. Ici, c’est la fête sur le thème de l’adultère – fantasmée ou bien réelle. Un divertissement flamboyant maîtrisé par des comédiens d’une tonicité ébouriffante dans un décor en apparence tout simple et au fil des scènes plutôt spectaculaire. Même double jeu ludique avec les personnages, qu’on imagine d’abord assez creux mais qui s’épaississent au fil des scènes. Qui va à la chasse perd sa place, dit le dicton. Mais aussi sa femme. Enfin, peut-être. Et puis zut. Chut ! On ne dira rien de plus. Un vaudeville, c’est parfois comme un thriller. Il ne faut rien dévoiler, ni de l’intrigue ni du final, même si ça fait mal – de se taire!